Respiration buccale chez l’enfant : quels effets sur le visage et les dents ?

  • Mis à jour le 26 août 2026
  • Auteur médical : Dr Nadjet BENAHMED, spécialiste en orthopédie dento-faciale.
  • Rédaction éditoriale : équipe SmileHARMONY.
profil d'un enfant présentant une respiration buccale chronique

Un enfant qui respire occasionnellement par la bouche, comme pendant un rhume, ce n’est pas nécessairement inquiétant. En revanche, une respiration à prédominance buccale persistante ( un enfant qui respire bouche ouverte à longueur de journée, y compris pendant le sommeil ) nécessite d’en rechercher la cause.

Elle peut être associée à des troubles du sommeil, à une sécheresse buccale et, chez certains enfants, à des particularités de croissance du visage et des mâchoires. Cependant la respiration buccale ne suffit pas, à elle seule, à expliquer une malocclusion ou une modification du visage. La croissance craniofaciale dépend également de facteurs génétiques, anatomiques, musculaires et fonctionnels.

Comment reconnaître une respiration buccale persistante ?

La respiration buccale devient suspecte lorsque l’enfant garde régulièrement la bouche ouverte au repos ou pendant son sommeil, en dehors d’un épisode infectieux ORL passager.

Les parents peuvent notamment observer :

  • une bouche fréquemment entrouverte ;
  • des lèvres sèches au réveil ;
  • une difficulté à respirer par le nez ;
  • un ronflement régulier ;
  • un sommeil agité ou des réveils fréquents ;
  • une fatigue matinale ;
  • une mauvaise haleine ou une sensation de bouche sèche ;
  • des gencives inflammées, 
  • des difficultés à fermer naturellement les lèvres.

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un diagnostic. Ils justifient surtout un examen destiné à identifier l’origine du trouble. Lors de l’examen, le praticien évalue également la posture de la langue, la fermeture des lèvres, la déglutition et l’occlusion.

Pourquoi un enfant respire-t-il par la bouche ?

Chez l’enfant, la respiration buccale peut résulter d’une obstruction nasale ou pharyngée, mais aussi persister comme une habitude après la disparition de l’obstacle initial.

Les causes possibles comprennent :

  • une hypertrophie des végétations adénoïdes ou des amygdales ;
  • une rhinite allergique ;
  • une obstruction nasale chronique ;
  • certaines particularités anatomiques des voies aériennes ;
  • plus rarement, une anomalie craniofaciale ;
  • une habitude fonctionnelle persistante.

L’hypertrophie adéno-amygdalienne et l’obésité figurent également parmi les principaux facteurs de risque d’apnée obstructive du sommeil chez l’enfant. Une respiration buccale accompagnée de ronflements réguliers, de pauses respiratoires ou d’un sommeil très perturbé nécessite donc une évaluation médicale. Politique clinique de l’AAPD sur l’apnée obstructive du sommeil

La respiration buccale peut-elle modifier le visage ?

La respiration buccale chronique est associée, dans certaines études, à un visage plus allongé, un palais étroit, une augmentation du surplomb incisif ou une béance antérieure. Mais cette association ne prouve pas que la respiration buccale soit l’unique cause de ces caractéristiques.

Les enfants concernés ne présentent d’ailleurs pas tous le même schéma de croissance. Les effets observés varient selon l’origine et la durée du trouble, l’âge de l’enfant, son potentiel de croissance, sa morphologie initiale et son environnement musculaire.

Les recommandations de l’American Academy of Pediatric Dentistry soulignent que l’altération de la respiration nasale peut contribuer à certaines modifications dentofaciales, sans constituer nécessairement leur cause principale.

Quels effets peut-elle avoir sur les dents et les mâchoires ?

Une respiration buccale persistante peut s’accompagner d’un changement de posture de la langue, des lèvres et de la mandibule. Chez certains enfants, ce déséquilibre fonctionnel particulier est associé à :

  • un maxillaire supérieur étroit ;
  • un palais haut ;
  • une occlusion croisée postérieure ;
  • une béance antérieure ;
  • un surplomb incisif modifié, souvent augmenté;
  • un encombrement dentaire ;
  • une fermeture labiale difficile.

Ces anomalies doivent être confirmées par un examen orthodontique.

Une bouche ouverte ne signifie pas automatiquement qu’un traitement orthodontique est nécessaire.

Faut-il consulter un ORL ou un orthodontiste ?

La première évaluation dépend des symptômes. Le pédiatre ou l’ORL recherche une obstruction ou un trouble respiratoire ; l’orthodontiste examine les conséquences éventuelles sur les arcades, l’occlusion et la croissance faciale. Les deux évaluations sont complémentaires lorsqu’il existe à la fois des symptômes respiratoires et des signes dento-faciaux.

Situation observéeÉvaluation à envisager
Nez bouché, allergies, respiration nasale difficilePédiatre ou ORL
Ronflement fréquent, pauses respiratoires, sommeil perturbéPédiatre ou ORL sans tarder
Palais étroit, décalage des mâchoires, béance ou dents mal positionnéesOrthodontiste
Position linguale ou déglutition atypique persistanteÉvaluation orthodontique et, selon le trouble identifié, bilan oro-myofonctionnel auprès d’un professionnel formé.

L’orthodontiste examine la largeur des arcades, l’occlusion, la posture linguale, la fermeture des lèvres et la direction de croissance. Il peut dépister des signes d’alerte et orienter l’enfant, mais le diagnostic d’une obstruction des voies aériennes ou d’une apnée du sommeil relève du médecin.

Un traitement orthodontique peut-il améliorer la respiration ?

Un traitement orthodontique peut corriger une anomalie dentofaciale associée, par exemple un maxillaire étroit ou une occlusion croisée. Son indication dépend toutefois de l’examen clinique, de l’âge de l’enfant et de son stade de croissance.

L’expansion maxillaire peut réduire la résistance nasale chez certains patients sélectionnés, mais elle ne constitue ni un traitement automatique de la respiration buccale ni un substitut au traitement d’une obstruction ORL. Son objectif premier reste la correction d’une indication orthodontique clairement identifiée.

appareil d'expansion du palais chez un enfant

À quel âge faut-il faire examiner l’enfant ?

Une respiration buccale persistante mérite une évaluation médicale quel que soit l’âge, surtout si elle s’accompagne de ronflements, de pauses respiratoires ou d’un sommeil perturbé.

Un bilan orthodontique est généralement pertinent vers 6 ou 7 ans, ou plus tôt si l’enfant présente un palais étroit, un articulé croisé, une béance, un décalage des mâchoires ou une difficulté marquée à fermer les lèvres.

Quand consulter sans tarder?

Une évaluation médicale ne doit pas être différée si l’enfant présente des ronflements fréquents associés à des pauses respiratoires, des reprises inspiratoires bruyantes, un sommeil très agité, une somnolence ou des difficultés inhabituelles d’attention dans la journée.

En pratique

Respiration buccale

La respiration buccale chronique est associée à certaines caractéristiques dento-faciales, mais elle n’en est ni l’unique cause ni une cause systématique. La génétique, la croissance et les fonctions musculaires interviennent également.

Évaluation

Un enfant qui respire régulièrement par la bouche peut nécessiter une évaluation pédiatrique ou ORL afin de rechercher une obstruction, ainsi qu’un bilan orthodontique lorsqu’une anomalie des mâchoires ou de l’occlusion est suspectée.

Traitement

L’expansion maxillaire traite certaines anomalies orthodontiques et peut améliorer la respiration chez des patients sélectionnés, mais elle ne supprime pas toutes les causes d’obstruction nasale.

Questions fréquentes

Respirer par la bouche pendant un rhume est-il inquiétant ?

Non, si le phénomène reste temporaire. Il devient pertinent de consulter lorsqu’il persiste après la guérison ou se reproduit fréquemment.

Un ronflement occasionnel peut accompagner une infection respiratoire. Un ronflement fréquent, surtout avec pauses respiratoires, sommeil agité ou fatigue diurne, nécessite une évaluation médicale.

Non. Il faut d’abord déterminer si cette posture résulte d’une obstruction, d’une habitude fonctionnelle, d’une difficulté de fermeture labiale ou d’une anomalie dentofaciale.

Non. Le traitement d’une obstruction peut améliorer la respiration, mais les anomalies dentaires ou squelettiques déjà présentes doivent être évaluées séparément.

Non. Elle est proposée lorsque l’examen met en évidence un trouble fonctionnel persistant et lorsque les conditions anatomiques permettent une respiration nasale satisfaisante.

Votre enfant respire régulièrement par la bouche ?

Il présente un palais étroit, une béance ou un décalage des mâchoires ? Un bilan orthodontique permet d’évaluer sa croissance et de déterminer si un avis pédiatrique ou ORL complémentaire est nécessaire.

À SmileHARMONY, à Ben Aknoun, Alger, le Dr BENAHMED Nadjet reçoit les enfants sur rendez-vous.

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